kadhafiLe MCG constate qu’avec une constance plutôt inquiétante, le Conseil fédéral persiste dans ses grossières erreurs d’appréciations.

Parmi celles-ci figure sans aucun doute l’ouverture d’une procédure pénale contre Eric Stauffer pour insultes à l’égard d’un dictateur, en l’espèce le Sieur Kadhafi. Depuis lors, la planète entière a applaudi la chute de ce triste individu dont les exactions ne méritent certainement pas le soutien d’un Etat démocratique tel que la Suisse.

De façon élégante, le conseiller national MCG, Mauro Poggia a offert au Conseil fédéral l’occasion de sortir de cette ridicule affaire par le haut. Il suffisait de présenter des excuses à M. Stauffer de s’être pareillement fourvoyé, notamment en raison du fait que les intérêts supérieurs de la Suisse n’ont jamais été exposés, élément indispensable au dépôt d’une telle plainte.

Au lieu de cela, et selon une tradition qui semble s’installer durablement, l’exécutif fédéral préfère la politique de l’autruche et renvoie la patate chaude au Conseil d’Etat genevois. Ce dernier n’est pas maître de la poursuite celle-ci ayant été diligentée par l’échelon fédéral, il ne peut donc pas grand-chose, quand bien même il semble être l’initiateur de la plainte, certainement pour des raisons de politique intérieure genevoise.

On comprend mieux, au travers de cette bien lamentable affaire, que le Conseil fédéral soit pareillement incapable de gérer une situation autrement plus périlleuse pour le pays, le conflit fiscal qui oppose la haute finance zurichoise aux autorités américaines. A tel point qu’il est peut-être pertinent de se poser la question de savoir si ce Conseil fédéral, prêt à accepter tout et n’importe quoi, ne constitue pas, lui, un danger autrement plus imminent pour la Suisse que les propos, certes vifs mais fondés, d’Eric Stauffer à l’encontre d’un dictateur déchu par son propre peuple.

Roger GOLAY, Président du MCG

Patrick DIMIER, Essayiste et juriste

François BAERTSCHI, Secrétaire général du MCG