Nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans la Tribune de Genève de ce jour, 31 octobre 2017, suite à la plainte que le MCG vient de déposer contre le maire de la Ville de Genève.

 

Le MCG porte plainte contre Rémy Pagani

Votation annulée – Le parti poursuit le maire de la Ville de Genève pour «abus d’autorité» dans l’affaire de la brochure.

Par Marie Prieur

Après le Conseil d’Etat et la Commission des finances du Conseil municipal de la Ville de Genève, c’est au tour du procureur général de se pencher sur le cas Rémy Pagani. Le MCG a déposé une plainte pénale à l’encontre du maire «pour abus d’autorité, subsidiairement gestion déloyale des intérêts publics» dans le cadre de l’affaire de la brochure dont la partialité à entraîner l’annulation de la votation sur les coupes budgétaires 2017. Les avocats du plaignant, Romain Jordan et Jennifer Crettaz s’appuient sur l’arrêt de la chambre constitutionnelle. «Rémy Pagani a manifestement abusé de sa fonction dans le but d’en tirer un avantage illicite, en l’occurrence politique», souligne le premier.

Le vice-président du MCG, Daniel Sormanni reproche à l’élu d’Ensemble à Gauche de «ne pas avoir pris en compte les modifications votées à l’unanimité (moins une abstention) par le bureau du Conseil municipal. Et d’avoir rajouté l’introduction signée par le comité référendaire. Qui plus est à l’insu de ses collègues.» Il ajoute: «Le Conseil administratif et le Conseil municipal lui ont tendu deux perches afin qu’il renonce à sa fonction de maire. Il ne les a pas saisies. Ce qui aurait été un signe d’apaisement. Nous voulons que toute la lumière soit faite.»

Pourquoi ne pas attendre le résultat de la procédure lancée par le Conseil d’Etat et du travail de la Commission des finances? «L’autorité pénale a des prérogatives bien plus étendues en terme d’enquête», répond Me Jordan. «Rien de tel que la justice!» insiste Daniel Sormanni. De plus, aucune des procédures administratives ne permet le remboursement des frais occasionnés. «Il appartient d’ailleurs au procureur général d’interpeller le Conseil administratif quant à sa volonté de constituer la Ville de Genève comme partie plaignante, compte tenu du dommage financier pour la collectivité causé par M. Pagani, estimé à plus de 100 000 francs», précise l’avocat. Sans compter les dépenses de campagne réalisées par les partis. Dans le cadre de cette plainte, le MCG demande ainsi le remboursement de 25 000 francs.

Les autres partis de droite ont été approchés pour se joindre à la plainte. «On attend d’abord le résultat de l’enquête du Conseil d’Etat, puis on avisera», réagit Alain de Kalbermatten, chef de groupe PDC au Municipal. Le conseiller municipal PLR Simon Brandt estime lui aussi que cette démarche du MCG est «prématurée. Mais, nous n’excluons pas de nous y associer plus tard».

Rémy Pagani ne commente pas cette plainte. (TDG)