COÛTS DE L’ASILE

Aveuglement du Conseil fédéral

Nous avons appris avec consternation que le Gouvernement a rejeté la motion du conseiller national MCG Roger Golay, intitulée « Les cantons sont asphyxiés par le poids financier de l’accueil des migrants ». Celle-ci a tout son sens pour soutenir les finances déjà en difficultés des cantons.

 

En effet, la charge sociale qu’occasionnent les requérants d’asile pour les finances cantonales, au détriment des dépenses sociales pour les citoyens de notre pays, sont de nature à déséquilibrer leurs comptes.

Il devient de plus en plus difficile pour les collectivités cantonales d’assurer ces dépenses en raison du flux important et sans fin des nouveaux migrants.

De ce fait, le Conseil fédéral qui ne prend aucune responsabilité sur l’afflux massif de requérants d’asile, démontre aujourd’hui qu’il n’a aucune sensibilité à l’égard des cantons qui souffrent financièrement de cette situation.

Tels des autruches qui mettent la tête dans le sable, certains n’ont pas envie de voir la réalité en face.

Il est clair que le Conseil fédéral a donné un avis et que le Conseil national décidera de prendre en compte ou non cette motion.

Il sera intéressant d’observer la réaction du PLR sur ce sujet, en voyant s’il est cohérent avec lui-même alors qu’il dénonce tous azimuts les coûts de l’asile. Contrairement à ce parti du blablabla, le MCG a déjà passé depuis longtemps à l’action.

 

Ana ROCH, présidente du MCG

François BAERTSCHI, secrétaire général du MCG

 

Texte de la motion du conseiller national MCG Roger Golay

Le Conseil fédéral est chargé de faire prendre en charge par la Confédération l’entier des frais occasionnés par l’accueil des réfugiés dans notre pays, notamment en utilisant à cette fin, si nécessaire, une partie des sommes dédiées à l’aide au développement.

Développement

La politique de l’accueil des migrants est décidée par le Conseil fédéral mais son financement est en partie assuré par les cantons. Aujourd’hui, avec la situation qui se déroule au Proche-Orient et ses flux de réfugiés, nous constatons que le Conseil fédéral ne prend aucune mesure pour stopper ou ralentir l’arrivée de nouveaux migrants. Dès lors, les cantons sont obligés d’accueillir un nombre considérable de requérants d’asile, ce qui nécessite des dépenses supplémentaires et substantielles. Par conséquent, les budgets cantonaux sont mis à rude épreuve. Pour certains cantons, la politique fédérale ne peut plus être assurée sans déséquilibrer les comptes qui deviennent déficitaires. Prenons l’exemple du canton de Genève, où la subvention cantonale pour l’asile était de 15,2 millions de francs en 2012 pour doubler à 32 millions en 2015 et atteindre, selon les projections, 63,3 millions en 2018 (source: Hospice général du canton de Genève). L’arrivée massive et croissante de requérants d’asile met dans une situation critique les services sociaux de ce canton. En 2015, plus de 1300 personnes supplémentaires ont été accueillies à Genève et plus de 100 déjà en janvier, qui est considéré normalement comme un mois creux. Le nombre de personnes dans le dispositif genevois de l’asile se monte actuellement à 6634 à fin janvier 2016. Il atteindra les 8000 personnes à la fin de l’année si on se réfère sur les prévisions du Secrétariat d’Etat aux migrations qui tablent sur un minimum de 40 000 arrivées en 2016 pour notre pays. Cette situation critique n’est pas propre à Genève mais à bien d’autres cantons. Sachant que la Confédération prévoit un bénéfice de 2,3 milliards sur les comptes de 2015, il serait judicieux qu’elle vienne davantage en aide aux cantons pour assurer sa politique migratoire, quitte à réduire temporairement le montant total, très conséquent, attribué à l’aide au développement. Il est du devoir de la Confédération d’avoir une politique cohérente afin de régler les problèmes migratoires sans se décharger de ses responsabilités sur les cantons, en leur causant d’innombrables problèmes.