PREFERENCE CANTONALE, UN PAS IMPORTANT POUR L’EMPLOI, AVEC NOTRE INITIATIVE

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Il y a un peu plus d’un an (24 juillet 2012), l’Université de Genève, rendait publique une étude sur la marché de l’emploi à Genève « Résidents ou frontaliers ; les employeurs ont-ils une préférence ». Cette étude, très partielle et réductrice, n’aurait pas dû faire l’objet d’une conclusion générale, prétendant qu’il n’y a aucun problème sur le marché de l’emploi à Genève. En effet, la réalité a la vie dure. Il y a bien 84’857 frontaliers à Genève (juin 2013), en hausse constante depuis vingt ans, plus particulièrement avec les Bilatérales et la disparition de la Commission tripartite.
On est loin de l’époque où on promettait aux ouvriers et employés genevois, au moment où le secteur industriel fondait comme neige au soleil, qu’il n’y aurait jamais plus de 25’000 frontaliers à Genève. Une illusion, une de plus…
Nous sommes d’autant plus surpris que la synthèse de l’étude n’apporte aucune précision et donne la fâcheuse impression que l’on a tiré des conclusions expéditives d’un vrai problème, en faisant preuve d’une grande légèreté. En effet, si l’on prend la peine de lire l’étude en détail, il y a beaucoup d’interrogations et des doutes quant à une corrélation ou pas entre le nombre de frontaliers et l’emploi en général et le chômage à Genève. Aucunes preuves tangibles ne sont apportées, mais l’étude fait une conclusion, d’ailleurs largement diffusée, qu’il n’y a pas de problèmes et de discrimination à l’emploi pour les chômeurs et les résidents genevois par rapport aux frontaliers.
Dans ce contexte, il est utile de noter que le chômage à Genève est de 5,4% à savoir 12’738 personnes (juillet 2013) et de 3% au niveau Suisse ; en progression de 15% en 1 an à Genève et de 10,5% en Suisse. A Genève il y a 15’509 demandeurs d’emplois à la même période.
Pour illustrer notre démarche, les permis frontaliers on passés de 72’820 (juillet 2011) à 85’411 (juillet 2013). Chercher l’erreur.
Bien sûr, il faut vérifier l’adéquation de l’offre à la demande, mais même l’étude de l’UNI de Genève le montre, il y a des secteurs ou il y a de l’offre de résidents, mais les permis frontaliers continuent de croître.
Il y a aussi à Genève un problème de formation et de sa compatibilité avec l’offre des employeurs et des secteurs où l’on ne forme tout simplement pas assez à Genève.
Un seul exemple parlant, les infirmières, ou l’école du « Bon secours » n’a pas augmenté son offre depuis des années, alors que la demande est importante. Résultat, les hôpitaux de Genève engagent les infirmières formées en France, privant d’ailleurs les hôpitaux français de personnels.
L’Etat de Genève cède donc à la facilité et nous voulons lui demander, avec notre initiative, d’être plus actifs et concret, la directive interne, définissant les procédures d’engagements, n’étant de loin pas suffisante.
C’est pourquoi nous voulons fixer dans la loi, la priorité absolue des demandeurs d’emplois, inscris à l’OCE, ou d’un candidat domicilié à Genève ou en Suisse.
Pour le MCG l’Etat doit montrer l’exemple, et en étant exemplaire il a aussi plus d’impact sur les employeurs privés pour leurs demander, via l’OCE et son service « employeurs » de donner la préférence à des candidats résidents à Genève et en Suisse.
Il n’est pas inutile de rappeler que chaque chômeur qui retrouve un emploi n’est plus à la charge de la société (caisse chômage, hospice général, service sociaux) et paie des impôts.
On ne peut plus se moquer des citoyens qui souffrent de la concurrence excessive régnant dans le marché de l’emploi genevois.

Daniel Sormanni
Membre du bureau directeur
Conseiller municipal Ville de Genève
Secrétaire général du SEG

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