Caisse publique de prêts sur gages
Des scandales médiatisés ont émaillé l’existence récente du Conseil de la Caisse publique de prêts sur gages (CPPG) : indemnités contestées, rapport de la Cour des comptes, objets volés d’un montant de 600’000 francs. Une stabilité était attendue au moment de la nomination de la nouvelle présidente mais des doutes apparaissent sur son Curriculum Vitae.
Titres à géométrie variable
Le Conseil d’Etat a publié le 27 mai 2026 un communiqué annonçant la nomination de Madame Fabienne Bertolucci, de nationalité française, à la tête de la Caisse publique de prêts sur gages (CPPG). Selon le gouvernement, la nouvelle présidente serait « Titulaire d’un master en droit des affaires et d’un master en finance et management de la Haute école de gestion de Genève » et « elle siège depuis 2022 au conseil d’administration de la Banque cantonale de Genève, où elle est également membre du comité de contrôle ».
Vérification faite sur le site internet de la BCGE, elle serait cette fois-ci titulaire d’un « Master en Finance et Management de HEC Genève, ainsi qu’un Master de l’Institut du Droit des Affaires de l’Université Aix-Marseille ». Déjà là il n’y a pas concordance des titres avec la communication du Conseil d’Etat.
Et sur le propre site professionnel de Mme Bertolucci, Orphée Consulting Sàrl, la formulation change encore, puisqu’il est question d’un « Master en Droit des Affaires en 2004 et d’un Master en Finance et Management de HEC Genève Executive en 2013 ».
Le titre est une fois de plus différent et nous avons cherché sur la liste des diplômes de l’Université de Genève de 2013 sans trouver ni cet intitulé ni le nom de la nouvelle présidente.
Précocité qui interroge
Pour une nomination à la tête d’une institution publique genevoise, ce flou n’est pas acceptable.
Plus troublant encore, Madame Fabienne Bertolucci sur son site internet indique qu’elle aurait repris la gestion de l’entreprise familiale « dès l’âge de 17 ans », alors que d’autres biographies publiques évoquent une direction de l’entreprise familiale « JFG » de 1986 à 1996. Or Mme Bertolucci est née en 1967: 1986 correspond à 19 ans, pas à 17 ans.
Quelle est donc cette entreprise « JFG »? Quelle raison sociale? Quel siège? Quelle forme juridique? Quelle fonction exacte? Quelles dates?
Le Conseil d’État a-t-il vérifié quoi que ce soit avant de nommer?
Le MCG demande des éclaircissements
Le MCG considère que ces incohérences sont graves. Elles laissent à penser que les contrôles élémentaires n’ont probablement pas été effectués avec le sérieux exigé pour une institution publique.
Après les épisodes déjà problématiques connus par la CPPG, Genève n’a pas besoin de nouvelles zones d’ombre. Elle a besoin de transparence, de rigueur et de contrôles réels.
Pour cette raison, une question écrite est déposée par le MCG au Conseil d’Etat. Nous faisons également des demandes LIPAD pour avoir des éclaircissements sur ces diplômes surprenants et un parcours qui conduit à s’interroger légitimement pour des institutions publiques où la certitude est d’or.
François Baertschi, président du MCG












