On continue à jouer aux dindons? Parce que les Tessinois, eux, viennent peut-être de trouver la solution pour nous
Macron ne paiera pas la facture du G7
La nouvelle n’a échappé à personne. Macron a refusé de contribuer aux frais de sécurité occasionnés à Genève par le G7. On s’en rappellera : à l’occasion du sommet, Genève s’était transformé en une véritable ville fantôme le temps de quelques semaines. Commerces fermés et barricadés, police et armée déployées, notre canton a dû mettre la main au porte-monnaie pour mettre en place des dispositifs de sécurité importants. Au total, c’est plus de 30 millions de francs de coûts de sécurité qui ont été déployés.
La France avait payé en 2003. Pourquoi plus maintenant ?
En 2003, alors que le sommet du G8 avait fortement perturbé Genève, la France avait accepté de participer aux frais de sécurité occasionnés en Suisse : environ 18 millions de francs.
Cette fois, Berne annonce qu’elle n’a pas réussi à trouver d’accord sur une participation de la France. Même sommet organisé par la France à Évian, même proximité avec Genève, même mobilisation de nos forces de sécurité, dégâts financiers comparables. Pourquoi refuser ? En 2003, la France n’avait-elle pas admis sa responsabilité en acceptant de nous indemniser pour les conséquences de son sommet ?
Macron ne paie pas. Genève, elle, continue de payer.
La prochaine votation de ce 27 septembre ne tomberait-elle pas à pic ? Genève demande des coupes budgétaires dans la formation au niveau des Hautes écoles spécialisées et dans les subventions d’allocations de rentrée scolaire à Lancy. On gratte des économies de bouts de chandelle d’un côté, alors que de l’autre, on pose 39,5 millions de francs sur la table pour financer des P+R en France. Avec une gestion des intérêts locaux aussi pitoyable, peut-on vraiment en vouloir à la France de moins respecter Genève ?
Et si le Tessin nous montrait comment réagir ?
Le Tessin est une autre région suisse fortement confrontée à la présence de travailleurs frontaliers. Les salaires y sont plus élevés qu’en Lombardie, donc vous connaissez la chanson : les Italiens viennent y travailler pour amasser. Et, comme Genève, le Tessin a conclu un accord de rétrocession avec l’Italie. C’est ainsi qu’il verse chaque année des centaines de millions de francs à son voisin italien.
L’Italie impose. Le Tessin ne se couche pas.
Problème : En printemps 2026, l’Italie a décidé d’imposer une taxe santé aux travailleurs frontaliers. Concrètement, l’Italie a décidé qu’elle allait soudainement avoir le droit de prélever 3-6% du salaire des frontaliers italiens, sans même demander l’avis de la Suisse italienne.
Qu’à fait le Tessin ? S’est-elle soumis face à cet impôt déguisé? A-t-il voté pour couper le budget formation dans le but de financer des P+R en Lombardie ? Non.
Le Tessin a décidé d’annuler le versement de près de 50 % de la rétrocession qu’elle devait à l’Italie, gelant alors près de 50 millions de francs.
Et si Genève faisait pareil ?
Pour vous donner une idée : si nous devions faire la même chose à Genève, avec les 411 millions de francs de rétrocessions versés à la France cette année, cela représenterait environ 205,5 millions de francs que Genève pourrait geler, le temps que la France soit plus “ouverte” aux négociations.
On fait quoi maintenant ? On se soumet ou on agit ?
Pour négocier, le Tessin nous l’a montré. Il n’y a pas 36 mille solutions. Alors allons-nous continuer à nous soumettre ? Ou est-ce qu’on commence enfin à défendre nos intérêts ?
Le 27 septembre, on vote NON aux 39,5 millions pour les P+R en France. Et on regagne le respect comme on l’a perdu : en parlant portefeuille !
François Baertschi, Président du MCG











