PRÉVENTION EN MATIÈRE DE SANTÉ SEXUELLE
Le Grand Conseil a accepté sans aucune opposition une motion du MCG (la M
3154 « pour une campagne cantonale ambitieuse de prévention et de promotion
de la protection sexuelle, en partenariat avec les associations locales », 1ère
signataire Ana Roch).
Après son passage en commission de la santé, le texte avait été discuté et voté à
l’unanimité de ses membres à l’issue d’une seule séance. Il propose notamment
de relancer des moyens de communications dans le canton pour sensibiliser
davantage la population à la prévention en matière de santé sexuelle. L’absence
totale d’opposition politique à cette motion démontre clairement l’importance du
sujet qui est passé sous les radars médiatiques ces dernières années, malgré le
fait qu’il soit hélas toujours d’actualité.
Ne pas baisser la garde
Il est vrai que des avancées thérapeutiques significatives ont été réalisées en
Suisse pour traiter les infections sexuellement transmissibles (IST), ainsi que le
virus de l’immunodéficience humaine (VIH) depuis sa reconnaissance au niveau
mondial dans les années 80. La baisse des nouveaux cas d’infection, ainsi que
l’efficacité des traitements antirétroviraux qui réduisent les risques de
contamination par propagation sont encourageants malgré leur prix assez élevé
(la thérapie et le suivi médical d’une personne atteinte du VIH coûte environ 30
000 francs par an à vie). Cependant, il n’existe encore aucun vaccin ni traitement
à 100% efficace pour la plupart de ces maladies. La prévention et le dépistage
restent donc les principaux moyens de protection pour s’en prémunir.
Protéger les personnes les plus exposées
La motion a permis d’identifier que certains groupes de personnes sont plus
exposés que d’autres, notamment les jeunes de 25 à 35 ans et les travailleuses et
travailleurs du sexe. Le message préventif doit donc les cibler en priorité, avec le
soutien de l’Etat et des milieux associatifs qui ont l’avantage de connaître
parfaitement le terrain.
Sensibiliser aussi les plus jeunes
Les statistiques indiquent actuellement une baisse de l’usage des moyens
contraceptifs chez les plus jeunes, qui n’ont pas connu la période où le Sida
(forme dégénérative ultime du VIH) faisait des ravages en tuant des millions de personnes. A la même époque, l’Office fédéral de la santé publique s’était
remarquablement illustré par une campagne intitulée « Stop Sida » en remplaçant
la lettre o du mot Stop par un préservatif qui avait marqué les esprits sans les
heurter.
Rebaptisée plus récemment sous l’acronyme « Love Life », la campagne financée
par la Confédération à hauteur de deux millions de francs par année était devenue
moins percutante, notamment auprès des jeunes. On se souvient des affiches
placardées qui mettaient en scène des couples dénudés, parfois du même sexe,
ou de plus de deux personnes, ce qui reléguait le message de prévention au
second plan en le rendant presque incompréhensible. Pour ne rien arranger, en
2020 la campagne « Love Life » a été suspendue en raison de la pandémie de
Covid-19 et des règles de distanciation en vigueur.
Une motion à point nommé
Dans un contexte où certaines IST repartent à la hausse dans plusieurs pays
européens, il serait irresponsable de considérer le combat comme gagné. De plus,
en 2027 Genève hébergera un Congrès mondial dédié au VIH. Le moment est
donc idéalement choisi pour relancer les mesures de prévention autour de cet
enjeu sanitaire préoccupant. Le MCG se réjouit que le Grand Conseil ait envoyé
un signal clair : en matière de prévention et de santé sexuelle, Genève ne doit ni
détourner le regard, ni relâcher ses efforts.
Ana ROCH, députée du MCG au Grand Conseil











