Le 27 septembre, on vote pour inscrire clairement notre neutralité dans la Constitution. Malheureusement, beaucoup d’avis circulent. Et certaines attaques semblent plus dirigées contre ceux qui portent l’initiative que contre l’initiative elle-même…
Le 27 septembre, on vote pour inscrire clairement notre neutralité dans la Constitution. Malheureusement, beaucoup d’avis circulent. Et certaines attaques semblent plus dirigées contre ceux qui portent l’initiative que contre l’initiative elle-même. Mais ce n’est pas parce qu’on n’aime pas celui qui dit que le ciel est bleu qu’il faut dire que le ciel est gris.
Alors revenons à la base et faisons-nous notre propre idée. Cette initiative arrive aussi dans un contexte bien précis : en 2022, la Suisse a décidé de reprendre les sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Depuis, la définition de notre neutralité fait débat.
Le principe de cette initiative est pourtant simple : faire en sorte qu’un homme politique ne puisse pas manipuler notre neutralité comme bon lui semble. Les lois sont là pour nous protéger. Cette initiative aussi. Et ce serait vraiment dommage que la Suisse continue de perdre la face.
Alors regarde CONCRÈTEMENT ce que l’initiative propose et fais-toi TA propre idée.
Voilà. On inscrit noir sur blanc ce que la Suisse est censée être depuis toujours : un pays neutre, perpétuellement et armé. Qui est choqué ?
1. La Suisse est neutre.
Voilà. On inscrit noir sur blanc ce que la Suisse est censée être depuis toujours : un pays neutre, perpétuellement et armé. Qui est choqué ?
2. Pas d’OTAN. Pas d’alliance militaire
La Suisse ne pourra pas adhérer à une alliance militaire ou défensive. Mais si la Suisse est attaquée, elle pourra quand même coopérer pour se défendre. Logique, non ?
3. On ne va pas faire la guerre pour les autres.
La Suisse ne participe pas aux conflits militaires entre Etats tiers. Ça paraît pourtant assez logique pour un pays neutre.
4. Et surtout : fini la neutralité à géométrie variable.
La Suisse pourra appliquer les sanctions de l’ONU et empêcher leur contournement.
Mais elle ne pourra plus simplement reprendre les sanctions de l’Union européenne parce que cela arrange le Conseil fédéral du moment. En 2022, on l’a fait avec la Russie. Demain, qui nous dit qu’on ne le fera pas avec un autre pays ?
C’est quoi le problème au juste ? Monsieur Cassis ne pourra plus arrêter de changer de définition de la neutralité selon le sens du vent ?
4. La Suisse doit rester la Suisse.
Un pays qui utilise sa neutralité pour prévenir les conflits, jouer les médiateurs et défendre la paix. Alors vraiment : où est le problème ?
On ne nous demande pas de supprimer notre politique étrangère.
On ne nous demande pas de fermer nos frontières.
On ne nous demande pas d’arrêter de défendre le droit international.
On nous demande simplement d’avoir des règles claires. Parce qu’une neutralité qui change selon la mode politique du moment, ce n’est plus de la neutralité. C’est de l’opportunisme.
Et pour Genève, ce n’est pas un détail.
La neutralité suisse, c’est le poumon de notre canton. C’est elle qui permet à Genève d’accueillir l’ONU, le CICR, les négociations internationales, les conférences de paix et des acteurs du monde entier. Sans cette neutralité, Genève perd une partie de ce qui fait sa force et sa place dans le monde.
Et pourtant, aujourd’hui, certains veulent voter NON. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait surtout éviter de donner une victoire à ceux qui portent cette initiative ? Parce qu’aller à contre-courant est devenu à la mode ? À force de vouloir être contre tout, on finit parfois par voter contre nos propres intérêts.
Vous pouvez critiquer le parti qui défend cette initiative. Vous pouvez ne pas aimer ceux qui la portent. Mais franchement, est-ce une raison pour jeter notre neutralité par-dessus bord ? Un peu de bon sens…
Imaginez les gros titres au lendemain du 27 septembre :
» La Suisse abandonne sa neutralité. «
Pour Genève, ce serait un désastre politique et diplomatique. Et on doit à tout prix éviter ça !
Le 27 septembre, les Genevois n’hésitent pas et disent OUI à l’initiative sur la neutralité.
, Mauro Poggia décrypte l’initiative et vous explique clairement ce qu’est l’initiative , et surtout, ce qu’elle n’est pas ! Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Mais au moins, renseignez-vous. Car la Suisse et Genève jouent très très gros. Clique ici.











